Comment régler sa guitare

Vous avez retrouvé une guitare dans votre grenier ? Vous venez de faire l’acquisition d’une basse d’occasion ?

C’est le constat le plus courant et probablement une combinaison de plusieurs facteurs : courbure du manche trop importante ou trop faible, hauteur au chevalet et hauteur au sillet de tête. Le réglage vient trouver le meilleur équilibre entre ces paramètres pour maximiser le confort et la sonorité de l’instrument.

Beaucoup de musiciens se sont habitués à jouer avec des instruments qui ne sont pas idéalement réglés, mais une guitare n’est pas sensée être si difficile à jouer !

D’une façon générale, rares sont les instruments qui ne méritent pas un réglage. Si vous avez un doute, prenons rendez-vous et voyons à quel point l’instrument peut être optimisé avant d’investir dans un réglage.

L’occasion c’est certainement le meilleur choix pour accéder à un instrument de qualité au meilleur prix. Il y a cependant quelques points à vérifier avant l’achat.

En utilisant les cordes comme une règle appuyez simultanément sur la première case en sur la dernière case de la touche (utilisez un capodastre si besoin) et voyez si l’espace au milieu du manche est raisonnable. Selon l’état des frettes et la forme du manche lui-même, cet espace idéal est généralement sous les 0,30 mm. Au delà, c’est sans doute que le manche peut être redressé.

Voyez si le truss rod permet de redresser ou de creuser le manche. Si vous n’êtes pas à l’aise, ne prenez pas de risque : une résistance anormale n’est pas forcément le signe d’un défaut mais doit être abordée avec vigilance.

Vous voulez en savoir plus sur le truss rod et son fonctionnement ?

C’est souvent le signe que le manche est trop droit, ou que des frettes en début de manche sont mal alignées ! Pour vérifier si la guitare a des frettes hautes (en partant du principe que le manche est déjà raisonnablement droit), vous pouvez par exemple utiliser une carte de crédit (à défaut d’avoir un « fret rocker » dédié) et la poser sur trois frettes à la fois. Si la carte bouge de gauche à droite c’est que la frette du milieu est plus haute que ses voisines ! Cette différence peut être négligeable, mais on peut également entendre davantage de frise en jouant sur la frette précédente. Même dans le pire des cas, c’est un souci qu’on peut résoudre simplement avec une planimétrie, référez-vous au réglage performance pour en savoir plus.

C’est un problème courant, qui arrive généralement quand le manche est trop courbé, il faut donc le redresser en agissant sur le truss rod et compenser en augmentant la hauteur au chevalet. Il peut aussi s’agir d’un « ski jump », soit une déformation de la touche sur les dernières cases à laquelle il est généralement possible de remédier là aussi avec une planimétrie.

Lorsqu’on parle de l’action d’une guitare en ne considérant que la hauteur de la corde sur une frette donnée, on peut en réalité décrire deux instruments très différents par leur géométrie.

Car le réglage c’est d’abord trouver l’équilibre entre la courbure du manche (gérée par le truss rod) et la hauteur au chevalet. Selon les cas, selon l’usure des frettes et les déformations de la touche, il faut donc trouver le juste compromis entre un manche relativement droit, mais qui laisse sonner les cordes lorsqu’elles sont frettées en début de manche, et la hauteur au chevalet.

Un instrument bien réglé doit permettre un jeu confortable sans frise excessive. Il s’agit alors de trouver le bon équilibre entre les 4 paramètres essentiels de la géométrie de l’instrument. Et peu importe l’instrument, qu’il s’agisse d’une guitare électrique, une basse, une folk ou une classique. Même une mandoline si vous voulez !

Tout d’abord, je commence par le réglage de la courbure de manche, si l’instrument est bien pourvu d’un truss rod. Ici il s’agit d’abord de redresser le manche autant que possible, avant de passer à l’équilibrage entre hauteur au chevalet et tension du truss rod.

Une fois le manche droit, je pose un capodastre en première position (pour retirer de l’équation l’inconnue qu’est la hauteur au sillet de tête), et j’ajuste la hauteur au chevalet jusqu’à atteindre un bon équilibre entre frise et confort, de façon à accompagner l’élipse que produit la corde lorsqu’elle est mise en mouvement.

Le réglage de manche de l’étape précédente sera peut-être remis en cause ici. Si les cordes frisent notablement plus contre les premières frettes que sur le reste du manche, c’est un signe qu’il peut-être bon de relâcher légèrement la tension sur le truss rod.

Ensuite, il est temps de régler la profondeur des gorges de sillet de tête. Pour une guitare par exemple, je vise une profondeur étagée de 0,40 mm pour la première corde à 0,50 mm pour la sixième corde.

Vous souhaitez en savoir plus sur le sillet ?

Enfin, et puisqu’il est plus agréable de jouer sur un instrument juste, je m’attaque à la compensation de longueur de corde. Je prends pour ce faire comme repère la note de chaque corde à vide avec sa note à l’octave à la douzième frette.

Sur le papier et dans les grandes lignes, ce sont ces quatre étapes que je suis lors du réglage d’un instrument. En pratique, elles sont interdépendantes et doivent être adaptées à chaque guitare, à l’état des frettes et de la touche, mais aussi au jeu du musicien. Le réglage est donc le moment où on pousse un instrument au maximum de ses capacités, il fait en même temps office de diagnostic pour d’éventuelles opérations futures (planimétrie ou refrettage).

Vous avez un doute sur le réglage de votre instrument ? Vous aimeriez savoir s’il est possible d’en améliorer le confort ? Prenez rendez-vous à l’atelier et établissons un diagnostic !